Genève se transforme : quels quartiers construisent le plus ?
Genève change de visage. Dans plusieurs secteurs du canton, les grues font désormais partie du paysage et des quartiers entiers sont en train d’être construits ou profondément transformés.
Cette évolution répond à une nécessité : Genève manque toujours de logements, alors que sa population et son bassin économique continuent d’exercer une forte pression sur le marché immobilier.
Mais où construit-on réellement ? Et quels secteurs vont connaître les transformations les plus importantes au cours des prochaines années ?
Du gigantesque projet Praille-Acacias-Vernets aux Cherpines, en passant par Bernex, Thônex ou Veyrier, plusieurs nouveaux morceaux de ville sont progressivement en train d’apparaître.
Praille-Acacias-Vernets : la transformation la plus spectaculaire
Difficile de parler du développement immobilier genevois sans commencer par le PAV, Praille-Acacias-Vernets.
Ce territoire historiquement occupé par des activités industrielles et artisanales représente l’un des plus importants potentiels de développement du canton.
L’objectif est considérable : transformer progressivement le secteur pour créer neuf quartiers et plus de 12 000 logements à terme, ainsi que de nombreuses surfaces destinées aux entreprises, commerces et équipements publics.
Environ 25 000 nouveaux habitants pourraient progressivement s’y installer.
Le PAV ne représente donc pas simplement un programme immobilier supplémentaire.
C’est un véritable morceau de Genève qui est en train d’être repensé.
Les Vernets : la transformation est déjà visible
Le secteur des Vernets constitue l’une des premières grandes réalisations du PAV.
L’ancien site militaire laisse progressivement place à un quartier résidentiel beaucoup plus dense.
À terme, environ 1 350 logements doivent y être créés, accompagnés notamment d’équipements publics et d’espaces destinés aux habitants.
Une part importante de ces appartements est consacrée au logement d’utilité publique, avec également des logements destinés aux étudiants.
Ce projet illustre parfaitement la stratégie genevoise : transformer des terrains autrefois consacrés à d’autres usages pour créer de nouveaux logements au cœur de l’agglomération.
Les Acacias vont changer d’échelle
À proximité, les Acacias représentent un autre secteur stratégique.
Le projet Acacias 1 prévoit à lui seul plus de 2 200 logements et l’arrivée de plusieurs milliers de nouveaux habitants.
L’organisation du quartier doit également évoluer avec de nouveaux espaces publics, commerces et activités.
Le défi est particulièrement intéressant car les Acacias ne sont pas un terrain vierge.
Le quartier possède déjà des entreprises, des bâtiments et une activité économique importante.
Il faut donc progressivement transformer le secteur sans simplement effacer ce qui existe.
Le quartier de l’Étoile et le retour des tours
La densification de Genève passera également par la hauteur.
Le secteur de l’Étoile doit accueillir plusieurs constructions importantes, dont des immeubles de grande hauteur.
Certains projets prévoient des bâtiments pouvant approcher 90 mètres et une trentaine d’étages.
Dans une ville où le terrain est rare, construire plus haut permet de créer davantage de surfaces sans étendre continuellement l’agglomération.
Cette évolution pourrait progressivement modifier la silhouette de Genève.
Elle pose néanmoins une question essentielle : jusqu’à quelle hauteur Genève souhaite-t-elle se densifier ?
Construire verticalement permet de gagner de l’espace, mais nécessite également une réflexion sur les transports, l’ensoleillement, les espaces publics et l’intégration architecturale.
Les Cherpines : plusieurs milliers de logements
Entre Plan-les-Ouates et Confignon, les Cherpines constituent un autre grand projet de développement.
À terme, environ 3 700 logements doivent y être créés.
Mais là encore, il ne s’agit pas simplement de construire une succession d’immeubles.
Un nouveau quartier implique également des écoles, des commerces, des équipements sportifs, des espaces publics et des infrastructures de transport.
C’est toute la difficulté de l’urbanisme moderne : construire des logements tout en créant un véritable lieu de vie.
Bernex poursuit également son développement
L’ouest genevois connaît lui aussi une transformation importante.
Bernex et les secteurs voisins accueillent progressivement de nouveaux logements et équipements.
Le développement du tram a notamment accompagné cette stratégie de densification.
C’est un point essentiel.
Construire plusieurs milliers de logements sans anticiper les déplacements risquerait d’aggraver rapidement les problèmes de circulation.
Les nouveaux quartiers sont donc de plus en plus pensés en parallèle avec les transports publics.
Belle-Terre transforme Thônex
À l’est du canton, Belle-Terre à Thônex représente également l’un des grands développements résidentiels genevois.
À terme, le secteur doit accueillir environ 2 600 logements.
Une partie du quartier est déjà sortie de terre et permet d’observer concrètement ce que signifie la création d’un nouveau morceau de ville.
Des immeubles apparaissent, mais également des commerces, des espaces publics et les infrastructures nécessaires à plusieurs milliers de nouveaux habitants.
Les Grands Esserts à Veyrier
Veyrier participe également à cette évolution avec le projet des Grands Esserts.
Environ 1 200 logements sont prévus dans ce secteur.
Comme dans les autres grands projets genevois, l’objectif est de répondre au besoin de logements tout en conservant une certaine qualité de vie.
Car la densification possède une limite évidente : les habitants doivent continuer à avoir accès aux transports, aux écoles, aux commerces et aux espaces extérieurs.
Pourquoi Genève ne construit-elle pas simplement partout ?
Lorsqu’on observe la pénurie de logements, la solution peut sembler évidente : construire beaucoup plus et beaucoup plus rapidement.
Dans la réalité, l’aménagement d’un territoire est beaucoup plus complexe.
Genève doit composer avec une superficie limitée, des zones agricoles, des espaces naturels, des infrastructures existantes et des quartiers déjà densément construits.
À cela s’ajoutent les procédures d’aménagement, les autorisations, les éventuelles oppositions et les infrastructures nécessaires aux nouveaux habitants.
Entre la décision de développer un secteur et l’arrivée des premiers occupants, plusieurs années peuvent donc s’écouler.
Construire davantage sans dégrader la qualité de vie
C’est probablement le principal défi des prochaines décennies.
Genève doit augmenter son parc immobilier tout en évitant que la densification ne se traduise simplement par davantage de circulation et moins d’espace disponible.
Les nouveaux quartiers doivent donc intégrer dès leur conception les transports publics, les mobilités douces, les écoles, les commerces et les espaces verts.
La question n’est plus seulement « combien de logements pouvons-nous construire ? », mais également « quelle ville voulons-nous construire autour de ces logements ? »
Les nouveaux quartiers ne représentent qu’une partie de la transformation
Les grandes grues sont spectaculaires et facilement visibles.
Mais une autre transformation se déroule quotidiennement dans les quartiers déjà construits.
Des appartements sont rénovés, des immeubles sont assainis énergétiquement, des locaux changent d’usage et certains bâtiments sont entièrement réhabilités.
Cette évolution est moins visible qu’un nouveau quartier de plusieurs milliers de logements, mais elle joue un rôle essentiel.
La majorité des immeubles dans lesquels les Genevois habiteront dans vingt ans existent déjà aujourd’hui.
Construire le neuf et transformer l’existant
Les deux approches ne sont donc pas concurrentes.
Genève a besoin de nouveaux quartiers pour augmenter réellement le nombre de logements disponibles.
Mais elle doit simultanément moderniser son patrimoine immobilier existant.
C’est également là que les entreprises du bâtiment et de la rénovation jouent un rôle important.
Chez Béon Rénovation, nous intervenons à une échelle évidemment très différente de celle des grands projets urbains du canton. Pourtant, la logique reste liée : adapter les bâtiments et les logements aux besoins de ceux qui vont les utiliser demain.
Un appartement rénové, un immeuble modernisé ou un local transformé participe lui aussi à l’évolution de la ville.
Le Genève de demain ne sortira donc pas uniquement de terre dans les nouveaux quartiers. Il se construit également, chaque jour, à l’intérieur des bâtiments qui existent déjà.
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